J'aimerais pouvoir dire que ça ne compte pas, que ça n'a pas compté. Le souffle me manque, je n'ai plus rien à vomir. Une valse. L'envie de l'instant, comme si le lendemain ne comptait pas et des pointillés pour respiration. Oublier d'expirer et avoir le coeur sur le point d'exploser. Expirer brutalement et s'étouffer d'oxygène - tu n'es pas de l'oxygène, plutôt du poison, un poison souriant et coloré. Crier du silence pour mieux penser du bruit. Avoir la tête pleine d'images ressassées, encore et encore, comme si le jour ne devait jamais se lever (jamais). Le jour se lève pourtant, fier et droit, la terre continue de tourner et moi je reste là, les bras ballant le long du corps, une pauvre tige qui a perdu ses racines, une pauvre tige qui continue d'espérer, fière et droite comme le jour. Mon corps appelle le tien, mais tu n'entends pas, tu n'entends plus. Alors je me demande si tout cela a existé, et quand je m'aperçois que je ne fabule pas je me demande si c'est de ma faute. Suis-je fautive ? Nécessité d'une évidence. Je voudrais entrevoir l'évidence, que tes yeux cessent de mentir, de se faire lunatiques, enfin. Une valse. N'avoir plus rien que l'attente, l'espoir terni d'un lunatisme qui me devient propre, des sourires de bisounours et des larmes au goût de bile, salées de sucre. L'urgence de l'écriture et les mots qui se pressent à mes doigts, l'envie de te tuer pour te garder toujours.